La supplémentation alimentaire occupe une place importante dans les stratégies de santé modernes à l’échelle mondiale, mais l’approche varie considérablement selon les régions. Cet article explore les différences marquées d’attitudes, de pratiques et de réglementations autour de la supplémentation alimentaire aux États-Unis et dans les pays nordiques, en mettant en lumière leurs contextes culturels, alimentaires et sanitaires.
Attitudes culturelles envers les compléments alimentaires
États-Unis
Aux États-Unis, les compléments alimentaires représentent une industrie de 30 milliards de dollars, reflétant l’accent mis par la culture sur l’optimisation individuelle de la santé (NIH, 2021). Les compléments sont présentés comme essentiels pour combler les carences alimentaires, améliorer la performance physique ou atteindre des objectifs liés à la beauté. Cette attitude est en partie portée par un système de santé orienté vers le consommateur, où les individus prennent souvent des décisions de santé de manière autonome (FDA, 2022).
Pays nordiques
Les pays nordiques, dont la Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande, privilégient une alimentation équilibrée plutôt que la supplémentation. Ici, les compléments alimentaires sont considérés comme secondaires, principalement utilisés pour traiter des carences spécifiques. Les campagnes de santé publique mettent l’accent sur les sources naturelles de nutriments et soulignent l’importance des régimes traditionnels riches en poisson, céréales complètes et légumes (Nordic Council of Ministers, 2014).
Habitudes alimentaires et carences nutritionnelles
États-Unis
Le Standard American Diet (SAD) est souvent critiqué pour sa forte teneur en aliments transformés, en sucre et en graisses malsaines, ce qui entraîne des carences en nutriments essentiels comme les oméga-3, la vitamine D et le magnésium (USDA, 2020). Pour y remédier, de nombreux Américains se tournent vers les compléments, les oméga-3, les multivitamines et les probiotiques étant parmi les plus populaires (Harvard T.H. Chan School of Public Health, 2022).
Pays nordiques
À l’inverse, les régimes nordiques sont traditionnellement riches en nutriments, avec des aliments comme le poisson gras, le pain de seigle et les baies. La consommation généralisée de poisson assure un apport suffisant en oméga-3, tandis que les aliments enrichis, comme les produits laitiers enrichis en vitamine D, compensent le manque de soleil pendant les longs hivers (EFSA, 2016). Ainsi, la supplémentation est souvent ciblée plutôt que généralisée.
Cadre réglementaire et politiques de santé publique
États-Unis
La FDA régule les compléments alimentaires en tant que catégorie alimentaire, et non comme des médicaments. Cela permet aux fabricants de commercialiser leurs produits sans approbation préalable, à condition de respecter les exigences d’étiquetage. Si cela favorise l’innovation, cela soulève aussi des inquiétudes concernant la qualité des produits et les allégations de santé trompeuses (FDA, 2022).
Pays nordiques
Dans la région nordique, les compléments sont souvent régulés de façon plus proche des produits pharmaceutiques. Les gouvernements imposent des directives strictes sur l’étiquetage, les allégations et le dosage afin de garantir la sécurité des consommateurs. Les agences de santé publique encouragent activement la consommation d’aliments enrichis, réduisant ainsi la dépendance aux compléments pour l’apport en nutriments (Nordic Council of Ministers, 2014).
Stratégies de santé préventive
États-Unis
La prévention en santé aux États-Unis est largement portée par l’individu, avec un fort accent sur les compléments commercialisés pour des résultats spécifiques, comme la perte de poids, l’immunité ou l’anti-âge (NIH, 2021). Si cela encourage une approche proactive, cela crée aussi un paysage fragmenté où les consommateurs sont souvent influencés par le marketing plutôt que par des recommandations fondées sur la science.
Pays nordiques
Dans les pays nordiques, la prévention en santé est un effort collectif soutenu par des initiatives gouvernementales. Les campagnes de santé publique encouragent l’activité physique, une alimentation équilibrée et une consommation limitée d’alcool. Les compléments ne sont recommandés que lorsque l’apport alimentaire est insuffisant, comme la vitamine D pendant les mois d’hiver (Public Health Agency of Sweden, 2021).
Étude de cas : supplémentation en vitamine D
États-Unis
La carence en vitamine D est répandue aux États-Unis, en raison des modes de vie en intérieur et du nombre limité d’aliments enrichis. Beaucoup d’Américains prennent des compléments de vitamine D pour combler ce manque, avec des dosages très variables (Harvard T.H. Chan School of Public Health, 2022).
Pays nordiques
Dans les pays nordiques, la supplémentation en vitamine D est une nécessité saisonnière à cause du manque de soleil en hiver. Cependant, les aliments enrichis comme le lait et la margarine sont courants, ce qui réduit la dépendance aux compléments pris seuls (EFSA, 2016).
Conclusion
Les approches de la supplémentation alimentaire aux États-Unis et dans les pays nordiques reflètent des différences culturelles, alimentaires et réglementaires plus larges. Tandis que les États-Unis mettent l’accent sur le choix individuel et un marché des compléments très développé, les pays nordiques privilégient les aliments complets et les initiatives de santé communautaires. Comprendre ces contrastes peut aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées sur leurs besoins nutritionnels, qu’ils privilégient la praticité ou des stratégies alimentaires holistiques.
Références
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC). (2022). Dietary Supplement Use Among Adults. Consulté sur https://www.cdc.gov/.
- European Food Safety Authority (EFSA). (2016). Vitamin D and health claims. Consulté sur https://www.efsa.europa.eu/.
- Food and Drug Administration (FDA). (2022). Regulation of Dietary Supplements. Consulté sur https://www.fda.gov/.
- Harvard T.H. Chan School of Public Health. (2022). The Nutrition Source: Omega-3 Fatty Acids. Consulté sur https://www.hsph.harvard.edu/nutrition/.
- Nordic Council of Ministers. (2014). Nordic Nutrition Recommendations 2012: Integrating nutrition and physical activity. Consulté sur https://www.norden.org/.
- Public Health Agency of Sweden. (2021). Dietary Guidelines for Sweden. Consulté sur https://www.folkhalsomyndigheten.se/.
- United States Department of Agriculture (USDA). (2020). Dietary Guidelines for Americans 2020-2025. Consulté sur https://www.usda.gov/.